Mon pays, un peu comme une maison, un peu comme une enfance

 


Il était une fois mon pays. Je n’en avais pas vraiment conscience. 

Un pays, c’est un peu comme la maison qui t’as vu grandir. Enfant, tu ne prends jamais le temps d’y penser. Elle est là, tout autour de toi, elle abrite ton univers, tes doudous, tes chagrins, tes fous rires, le yaourt que tu as versé sur la jolie nappe toute neuve. Puis un jour, tu la quittes sans regarder en arrière, car, en fin de compte, ce ne sont que des murs. Et des murs, il y en a plein dans le monde. Et le monde est vaste. 

Et un jour, tu en trouves une autre. Qui devient la tienne. Et parfois, ton âme requit un temps d’adaptation. Chez soi, c’était là-bas pendant toute une vie, puis petit à petit chez soi, c’est devenu ici aussi. Et souvent, la maison de ton enfance devient symbole même de cette enfance, de l’insouciance, et des choses simples. 

Comment parler donc d’un pays que l’on a quitté il y a plus de quinze ans ? D’un pays qui ne semble plus être le même. Ma Roumanie à moi est restée figée dans ma mémoire, c’est un espace sans frontière, où le temps s’est arrêté, où on joue toujours la même musique, où les châtaigniers sont toujours en fleurs, et ma grande-mère m’attends assise au pied de nos deux sapins géants. Et puis il y a cette autre Roumanie qui change à une vitesse ahurissante. Ce pays dont je parle la langue, mais avec lequel le dialogue est rompu depuis bien longtemps. Ce pays, un peu comme les autres.

Il était une fois mon pays. Et mon enfance. Des nuits étoilées à la campagne, l’odeur du foin fraîchement coupé, un garçon qui m’embrasse par surprise sous la neige qui tombe, oh! la neige qui ne s’arrête pas de tomber, des coings au four, ma mère qui râle, les balades en voiture, mes colères d’ado, des rêves cousus sur une toile, l’envie de partir ... 

Bonne fête nationale, Roumanie ...

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