Les gens ne changent pas


“Quelle est la différence entre elle et moi ?”



Elle était une amie qui aimait de tout son cœur un lui, dont la définition de l’amour se réduisait à en connaître plein, et en même temps. Son rêve à elle était de le changer. Lui, comme tout être humain, n’envisageait en aucun cas de se laisser changer.

Moi, j’étais amoureuse d’un autre lui. Qui m’admirait, me serait fort dans ses bras, mais qui ne m’aimait pas. En tout cas, pas comme je l’aurais souhaité.


“Quelle est la différence entre elle et moi ?”
“Toi, tu n’essaies pas de me changer.”



J’ai hoché la tête en signe d’affirmation.


Parce que je savais que les gens ne changent pas. Et parce que je savais surtout que les gens ne changent pas pour les autres. Nous avons tous notre zone de confort, qui nous procure un sentiment de sécurité indispensable à notre bien-être. Mais parfois, il y a un quelque chose, ou bien un quelqu’un qui nous invite à une danse en dehors de cette zone familière. Quelqu’un qui arrive à toucher des cordes à l’intérieur de nous-mêmes et à les faire vibrer. Et ces vibrations peuvent même commencer à prendre forme, à s’aligner, et à former des notes, puis une mélodie. Et lorsque cette mélodie commence à nous envelopper, notre zone de confort s’agrandit de manière presque imperceptible, pour l’englober. Et elle devient alors partie de nous, et nous procure le sentiment de sécurité tant recherché.


Mais il se peut aussi qu’un événement vienne perturber cette musique. Les notes se cassent, et notre cerveau nous jette de manière violente dans le cercle étroit qui est notre zone de confort. La musique meurt, la vibration cesse.


Les gens ne changent pas. Mais les gens peuvent évoluer. On grandit, tel que les plantes. Uniquement si les bonnes conditions sont réunies, lorsque les planètes de notre système intérieur sont alignées, seules, ou en résonance avec celles d’une autre âme. C’est alors qu’un équilibre extrêmement fragile se met en place et nous permet d’envisager une autre réalité, d’autres sentiments, un autre je.


On ne peut pas forcer les gens à changer. Tout ce qu’on peut faire, c’est de les accepter, ou tourner la page.


“Quelle est la différence entre elle et moi ?”
“Toi, tu n’essaies pas de me changer.”


J’ai hoché la tête en signe d’affirmation. Mais je sentais que quelque chose manquait.


“Quelle est la différence entre elle et moi ?”
“Toi, tu n’essaies pas de me changer.”
“Non, moi j’essaie juste de te rendre heureux.”

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Le (non) sens des enfants

La peur de n’être rien

Extrait de Léon l'Africain, d'Amin Maalouf