Un vieux texte



Il y a un poil plus de dix ans, le 31 octobre 2010, j’écrivais ça :

De nouveau une lecture à bout de souffle. Trois heures. Ni plus, ni moins.

Avec toujours le même sentiment : quelque chose ne va pas. Je suis emportée par son récit, le tapis volant de ses constructions fantastiques m’emmène loin, je sens le sang de ses personnages couler dans mes veines, se mêler au mien. Et tout d’un coup, le rêve se brise. Quelque chose me choque, tout me semble faux, je suis devant l’acteur qui a oublié ses mots sur la scène ou bien devant ces peintures clichées imaginant une eau qui coule idiote et passive à l’abri des arbres éclairés par un soleil d’un jaune trop bête.

Le début promettait tant. Le double meurtre, la petite fantastique aux yeux irréels, l’ivresse de sa mère. Et après on tombe dans le banal : une danseuse qui devient anorexique. Le même drame commercial a déjà fait le sujet d’une dizaine des films plus ou moins hollywoodiennes. C’est tellement du déjà-vu qu’on a envie de jeter le livre et regarder plutôt la télé. Et pourtant on continue. On lit encore. On turne les pages. On déteste ces personnages sots, on a envie de crier leur platitude et pourtant on continue à tourner les pages. Sous la plume d’Amélie Nothomb même la banalité devient extraordinaire. 

J’aurais néanmoins préféré que l’histoire s’achève sur le Pont-Neuf, lorsque Plectrude rencontra Mathieu.

Oui, j’aurais préféré, mais cette fin ajoutée, irréelle et absurde, contient pour moi une signification particulière. Car lorsque Amélie Nothomb emprunte pour quelques pages la plume d’Eugène Ionesco on ne peut que l’aimer.

Robert de noms propres – un absurde mélangé de conte de fées, des unes des journaux, de banalité tragique, de surprises émouvantes. Rien d’étonnant, juste de l’habituel pour Amélie Nothomb.

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