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La pluie ça fait pousser les patates

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“La pluie ça fait pousser les patates. Et moi j’aime bien les patates.”
J’ai gardé ce texto pendant des mois. Il me faisait sourire.
Puis un jour pluvieux, un jour quand rien n’allait, quand les goûtes de pluie semblaient avoir une pesanteur inhabituelle, un jour quand le froid rongeait même la lumière, ces mots ont pris tout un autre sens. Cette déclaration d’affection toute rigolote m’a fait penser d’un coup au fait que ce sont finalement les mauvais moments qui nous aident à grandir.
Que dans un instant de désespoir, il y a parfois bien plus de sagesse que dans dix livres. Qu’une goutte de pluie cache dans ses mille et une facette, le froid, l’humidité, mais aussi le pouvoir de redonner la vie. Que ce sont les événements et les sentiments négatifs qui nous poussent le plus souvent à quitter notre zone de confort pour chercher autre chose, pour avancer dans une autre direction, pour avancer tout court.
Que la pluie fait pousser les patates, et que nous aimons tous les patates

Une pomme et des histoires

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Cette pomme a été sûrement dévorée par des fourmis ou d’autres bestioles. Il ne reste plus qu’une carcasse vide, recroquevillée sur elle-même. Et pourtant tellement intéressante !Parfois, dans la vie, nous avons des moments où nous pensons être comme cette pomme, vides de toute substance, de toute joie de vivre, de tout sourire. Mais en réalité, même dans ces moments-là, nous avons tous une histoire à raconter, une main à tendre, un autre point de vue à offrir. Nous restons merveilleux aux yeux de ceux qui nous aiment, et nous avons le potentiel à faire vibrer les bonnes personnes au bon moment. Il ne faut pas abandonner, tout n’est qu’un état passager.C’était l’instant poésie du lundi matin

L'homme qui voyait a travers les visages

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M.Schmitt, vous m’avez déçu avec ce roman.
C’est trop simple. “Les hommes ont la charge des hommes. Mieux : les hommes ont la charge de Dieu.”Toute religion est pure à la base, ce sont les hommes qui la ternissent, en l’interprétant et en dérivant des idées plus ou moins fidèles aux concepts de base. Mais tout ça nous le savions déjà, M.Schmitt. Toute personne lucide et intelligente conclu aujourd'hui sans équivoque que les intégristes ont une vision tordue et fausse du Coran. Tout comme les Grands Inquisiteurs avaient une interprétation de la Bible qui nous donne des frissons encore aujourd’hui. Certes, vous l’expliquez joliment avec la métaphore du feu qui, plus on s’éloigne de son origine, se refroidi. Mais, encore une fois, tout ça nous le savions déjà.
Et j’ai du mal avec Augustin aussi. Il est beaucoup trop plat, beaucoup trop prévisible. Vous m’aviez habitué à des personnages bien plus complexes. J’ai grandi avec Odette Toutlemonde, je me suis forgé des idées en suivant le ch…

Les gens ne changent pas

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“Quelle est la différence entre elle et moi ?”

Elle était une amie qui aimait de tout son cœur un lui, dont la définition de l’amour se réduisait à en connaître plein, et en même temps. Son rêve à elle était de le changer. Lui, comme tout être humain, n’envisageait en aucun cas de se laisser changer.

Moi, j’étais amoureuse d’un autre lui. Qui m’admirait, me serait fort dans ses bras, mais qui ne m’aimait pas. En tout cas, pas comme je l’aurais souhaité.


“Quelle est la différence entre elle et moi ?”
“Toi, tu n’essaies pas de me changer.”



J’ai hoché la tête en signe d’affirmation.


Parce que je savais que les gens ne changent pas. Et parce que je savais surtout que les gens ne changent pas pour les autres. Nous avons tous notre zone de confort, qui nous procure un sentiment de sécurité indispensable à notre bien-être. Mais parfois, il y a un quelque chose, ou bien un quelqu’un qui nous invite à une danse en dehors de cette zone familière. Quelqu’un qui arrive à toucher des cordes à l’intérieu…

Le (non) sens des enfants

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Cristina me disait toujours qu’elle n’aurait jamais d’enfant. Qu’elle l’avait toujours su, et qu’elle ne changerait jamais d’avis. On avait 20 ans, des étoiles dans les yeux, des projets, toute une vie devant nous, on rêvait d’une carrière, d’un grand amour, des voyages, et, pour certaines d’entre nous, d’une famille avec des mômes plein le jardin. Je la regardais avec une sorte d’admiration mélangée d’incompréhension. Pour moi être mère m’était toujours apparu comme une évidence. Je voulais des enfants, deux ou trois en plus, des filles, des garçons, peu importe, des gamins auxquels je pourrais raconter le monde, qui s’accrocheraient à mon cou avec amour. Je rêvais de remplir leur monde avec des livres, de la musique, du théâtre, de la poésie, comme mon père l’avait fait pour moi. Ils allaient être bercés par des histoires magiques et j’allais tisser des étoiles dans leur rêves.

Je n’arrivais pas à comprendre comment choisit-on de passer à côté de tout ça. Je ne l’accusais pas d’…

Extrait de Léon l'Africain, d'Amin Maalouf

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Une fois de plus, mon fils, je suis porté par cette mer, témoin de tous mes errements et qui à présent te convoie vers ton premier exil. A Rome, tu étais "le fils de l'Africain"; en Afrique tu seras "le fils du Roumi". Où que tu sois, certains voudront fouiller ta peau et tes prières. Garde-toi de flatter leurs instincts, mon fils, garde-toi de ployer sous la multitude ! Musulman, juif ou chrétien, ils devront te prendre comme tu es, ou te perdre. Lorsque l'esprit des hommes te paraîtra étroit, dis-toi que la terre de Dieu est vaste, et vastes Ses mains et Son coeur. N'hésite jamais à t'éloigner, au-delà de toutes les mers, au-delà de toutes les frontières, de toutes les patries, de toutes les croyances.

Des idées en vrac à lire lorsqu’on pense que notre monde va s’effondrer parce qu’un amour s’en va

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(ou parce que le monde ne tourne pas aussi rond que nous le voudrions;  c’est une ellipse en plus, parole de mathématicienne) 



Il y avait mes p’tits doigts glacés Qui crament entre tes mains L’hiver qui croise l’été Ça fait autant de peur que de bien


J’ai toujours cherché l’amour. Le vrai, la grand, l’eternel, celui qu’on écrit avec un grand A, celui qu’on décrit dans des poèmes, celui qui transforme les êtres et le monde. Le souci c’est que les êtres n’ont pas envie de se transformer, et encore moins de se laisser transformer. Et que le monde s’en moque.

Mon premier amour, celui de mes treize ans, il avait des grands yeux noirs et je savais que j’allais lui faire deux mômes, aussi beaux que lui. Puis quelques mois plus tard, un soir de décembre, un très bon ami m’embrassa par surprise, sous la neige qui nous couvrait avec des grands flocons légers comme un amour qui s’en va pendant qu’un autre prend sa place. Puis il y a eu ce soir de février quand j’ai senti mon univers se briser en mo…