Moi

Voilà le temps de partir, sans avoir personne où aller ... 

Un jour, je suis tombé amoureuse de Leïla Huissoud. Mais avant, j’étais tombé amoureuse de lui, avec ses grands yeux verts. Et avant ça, j’étais folle de Jaques Brel. Car le seul truc plus beau que les mots, ce sont les mots accrochés aux notes musicales. 

On s'est dit faut partir de rien
Et puis se faire tout seul
Avec du vide plein les mains
...
Écris l'angoisse et le chagrin...


Avant, j’écrivais des bricoles de môme qui rêvait d’être grande. Et surtout pas banale. Le temps est passé, l’encre a séché, et je me suis confortablement installé dans une douce et calme banalité. Puis un sacré jour de deux février, je me suis retrouvé à nue face à lui, face à moi-même, face à mes peurs, mes incertitudes, mes frustrations. Mon univers en morceaux, des débris partout, et moi à la recherche d’un autre sens, des nouveaux repères. Paniquée, désorientée, je me suis mise à écrire. Comme mécanisme de défense, comme besoin d’exister, comme désir d’aimer, comme seul moyen de puiser au fond de cet être qui j’étais et qui m’était devenue étrangère sans que je m’en rende compte. Écrire comme dessiner une carte vers moi-même. Puis ...


J'avais très envie de raconter la réalité, quelque chose d'assez concret qu'on observe
Et je dois avouer qu'au bout d'un moment en écrivant
Je me suis rendu compte que souvent la réalité elle est un peu ennuyeuse


Puis j’ai lâché prise et je me suis laissé emportée par les mots. Écrire est devenu comme une danse. Un pas en avant, un pas en arrière, une émotion, une frustration, des gouttes de miel, des câlins, la pluie qui tombe, un inconnu qui sourit, un je t’aime noyé dans une tasse à thé, de la colère, des mouchoirs, des bras qui sentent le calme, mon chat qui ronronne, le chauffage à fond un soir d’hiver, des larmes, du vide, un trop-plein ... des mots tisés dans des phrases qui naissent sans me demander mon avis, un morceau de vie accroché dans un texte, un rêve incrusté dans un autre, et moi au millieu de tout, moi qui danse toute seule comme un môme, toute heureuse l’espace d’un instant.



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